Par PenserlaFrance
<?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" /><o:p></o:p> « Construire une Europe politique » par Jürgen Habermas
<o:p> </o:p>J'ai toujours été fier de ma patrie rhénane et de ce qui la caractérise : le caractère civil de sa tournure d'esprit, sa capacité à maintenir une certaine distance rhénano-prussienne à l'égard de Berlin, et son ouverture à l'Ouest et à l'influence libérale de <?xml:namespace prefix = st1 ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:smarttags" /><st1:PersonName ProductID="la France" w:st="on">la France</st1:PersonName> républicaine. C'est d'ici que <st1:PersonName ProductID="la République" w:st="on">la République</st1:PersonName> fédérale a atteint son objectif de souveraineté ce qui n'a été possible qu'en relation étroite avec l'unification politique de l'Europe, de même que c'est essentiellement grâce au cadre européen que nous avons retrouvé notre unité nationale. Aussi est-ce le génie des lieux lui-même qui nous invite à réfléchir à ce constat irritant : la dynamique européenne est, en dépit de ses bienfaits, aujourd'hui en train de s'épuiser.
Le repli sur l'État national favorise dans de nombreux pays l'introversion : le thème européen n'a plus bonne presse, et on préfère se concentrer sur l'ordre du jour national. Chez nous, à longueur de talk-show, grands-pères et petits-fils s'étreignent dans l'émotion que fait naître en eux un nouveau patriotisme tout droit sorti de boutiques de "bien-être". Dans la compétition mondialisée, la certitude de saines racines nationales doit rendre "capable d'avenir" une population amollie par les effets de l'État-providence. Voilà bien une rhétorique qui s'accorde avec l'état actuel d'un politique mondiale que son darwinisme social déchaîne.
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