Par PenserlaFrance
Appelons-le monsieur A. Visage glabre, cheveux courts, le pantalon maintenu bien haut par un ceinturon, la sacoche à la main : jusqu'à la démarche chaloupée, il possède tous les signes extérieurs de l'apparatchik chinois. Il est membre du Parti et il occupe une fonction officielle au sein du gouvernement de Kachgar (Kashi en chinois), la principale ville des confins occidentaux du Xinjiang. M. A (il refuse que son identité soit divulguée) est un Ouïgour qui n'a pas que des amis chez lui. Dès son entrée dans la tchaïkhana (salon de thé) de la vieille ville où on lui a donné rendez-vous, son apparition jette un froid parmi les habitués.
Et pour cause, il fait partie des rares Ouïgours résolus à aider le gouvernement de Pékin dans son entreprise de sinisation du Xinjiang, et notamment du sud-ouest de la province, autrefois une région clé de <?xml:namespace prefix = st1 ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:smarttags" /><st1:PersonName w:st="on" ProductID="la Route">la Route</st1:PersonName> de la soie et aujourd'hui tenue pour un bastion du sentiment antichinois. C'est là, dans ce Far West chinois, que vivent les trois quarts des 8,5 millions d'Ouïgours. Musulmans et turcophones, ils représentent 90 % de la population de cette contrée engourdie dans son sous-développement. Pékin s'est mis en tête de la désenclaver, à l'image du reste du Xinjiang, région autonome où les Chinois hans sont devenus majoritaires - leur proportion est passée de 7 % en 1949 à près de 50 % aujourd'hui dans l'ensemble du Xinjiang.
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