Par PenserlaFrance
Président du Medef de 1997 à 2005, Ernest-Antoine Seillière était souvent présenté comme "le patron des patrons". A tort. Il était, au mieux, leur porte-parole. Sa fonction lui permettait éventuellement d'être médiateur dans certains conflits qui divisaient ses pairs, mais elle l'empêchait d'exercer une influence directe sur la recomposition du capitalisme français.
Désormais président du patronat européen - l'Unice, rebaptisée Businesseurope -, M. Seillière est aujourd'hui éloigné des cénacles parisiens, pourrait-on penser. Rien n'est plus faux. L'expression "patron des patrons" pourrait même lui correspondre davantage aujourd'hui qu'hier. Président d'un fonds d'investissement, le héraut des familles Wendel et Seillière est en effet au coeur d'une initiative audacieuse qui fait grincer bien des dents : l'entrée du fonds Wendel au capital de Saint-Gobain. En quelques semaines, Wendel a investi 4,8 milliards d'euros pour posséder 18 % du capital de Saint-Gobain, et devenir, de loin, le principal actionnaire de ce fleuron du CAC 40. Pour les deux entreprises, il s'agit d'une véritable révolution, qui pourrait en laisser présager d'autres.
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