Par PenserlaFrance
L'embuscade qui a coûté la vie à dix soldats français a rappelé aux Français que l'Afghanistan était toujours en guerre, sept ans après l'intervention des troupes américaines censées le libérer du joug des talibans, et qu'elles ont effectivement libéré de celui-ci.
L'embuscade a été tendue sur une route très fréquentée dans l'Antiquité. Depuis la construction de la route de Peshawar à Kaboul par Sarobi (le Zaroubi des dépêches d'agence) et les gorges du Tang-i Garu, c'est-à-dire depuis près d'un siècle, c'est une route de caravanes. Quand nos soldats y patrouillent, c'est pour protéger le flanc est de la grande base américaine de Begram, qui protège Kaboul et sur laquelle débouche cette route. Mais dire aux citoyens français quelle est la vraie mission de nos troupes à Özbin n'est pas inutile.
La patrouille a été surprise. Les commentateurs militaires nous disent que c'est faute de reconnaissance aérienne et qu'il faudrait des soldats des forces spéciales pour recueillir davantage d'informations. Mais il y a là de nombreux villages, peuplés de gens parlant pachaï ou/et pachto. Au bout de sept ans, sommes-nous si impopulaires que ceux-ci ne livrent aucun renseignement aux troupes venues les libérer ? La vallée d'Özbin est fort proche de la vallée du Panchir, fief du commandant Massoud, dont les héritiers spirituels sont au pouvoir à Kaboul. Même les Panchiris ne soutiennent plus les troupes de l'OTAN ?
La situation est-elle si désespérée qu'on ne puisse patrouiller sur cette route sans mettre en oeuvre une centaine d'hommes au moins et de nombreux blindés ?
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