Dans une tribune publiée par Libération, vous tentez - avec brio - de définir le phénomène Ségolène Royal. De ce « Ségolisme », vous dites l'essentiel. Quel mal vous a pris d'affubler cette personne d'une qualité toute discutable ? Vous estimez Ségolène « intelligente » ? Dites-vous. Vous me permettrez sur ce point de faire valoir quelque hésitation. Elle m'amène à réfuter cette couleur « fashion », affreux contraste dans le magnifique tableau que vous nous livrez. Ne confondez-vous pas « intelligence » et « intelligence politique » ? Cette dernière doit-elle, au demeurant, se mesurer à la seule capacité à gagner le pouvoir ? Voyez-vous, M. Motchane, penser que « la communication plus qu'un lien décisif est le lieu décisif de la pensée » et faire apparaître « la vie comme un cortège d'apparition » - pour reprendre les termes que vous employez et qui correspondent si bien au « ségolisme » - est l'absolue contraire de ce que commande l'intelligence politique. C'est de cette inintelligence, qui n'est plus - hélas ! - un obstacle à l'accès au pouvoir, dont nous allons le plus souffrir. Nous en souffrons déjà. Par le succès même de l'apparence, nous creusons notre propre tombe, alors que tout commande à donner du sens, à parler vrai. De cette intelligence là, que nous définirons comme la compréhension des grands enjeux et la conscience sur - aiguëdu bonheur d'un peuple - Oui ! J'ose le mot - le « Ségolisme » est dépourvu. De plus, les enjeux qui se présentent à nous - en cette période - sont, vous le savez mieux que quiconque, d'une très grande importance. <?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" /><o:p> </o:p>La situation internationale commande une intelligence politique exceptionnelle et du courage. Tout doit donc nous alerter. N'en veuillez donc pas à un jeune histrion politique de proclamer sa foi toujours intacte dans la raison et d'affirmer avec conviction sa propre pétition : « Laurent Fabius est une chance et il peut l'emporter ! »