Par PenserlaFrance
A première vue, le blues qui s'est emparé du Parti socialiste peut paraître un peu excessif. Ne vient-il pas d'augmenter d'un bon tiers le nombre de ses députés ? N'avait-il pas subi par deux fois, dans le passé, des défaites bien pires ? Celle de 2002 est encore dans toutes les mémoires. Mais on oublie la véritable déroute infligée par le corps électoral, en 1969, à Gaston Defferre. Malgré sa promesse de prendre Pierre Mendès France comme premier ministre, il lui avait fallu se contenter de 5,1 % des voix dans le scrutin destiné à donner un successeur à de Gaulle. Du coup, Alain Peyrefitte n'avait pas hésité à déclarer l'année suivante : "Si nous ne faisons pas de bêtises, nous sommes au pouvoir pour trente ans."
Cette prédiction reposait sur le poids du Parti communiste. Jacques Duclos, son candidat à l'Elysée, avait obtenu, en 1969, quatre fois plus de suffrages que Gaston Defferre, la gauche n'en recueillant, toutes tendances confondues, que 31 %. Ce rapport de force suffisait, un an après l'invasion de <?xml:namespace prefix = st1 ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:smarttags" /><st1:PersonName ProductID="la Tchécoslovaquie" w:st="on">la Tchécoslovaquie</st1:PersonName>, pour décourager les plus entreprenants de toute idée de coopération avec les "rouges". Mais, pour François Mitterrand, le seul moyen pour la gauche de revenir au pouvoir n'en était pas moins de ressusciter sous un autre nom le vénérable Front populaire.
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