• Les cafés caractérisent l'Europe. Ils vont de l'établissement préféré de Pessoa à Lisbonne aux cafés d'Odessa, hantés par les gangsters d'Isaac Babel. Ils s'étirent es cafés de Copenhague, devant lesquels passait Kierkegaard pendant ses promenades méditatives, aux comptoirs de Palerme. Pas de cafés anciens ou caractéristiques à Moscou, qui est déjà un faubourg de l'Asie. Très peu en Angleterre, après une mode éphémère au XVIIIe siècle. Aucun en Amérique du Nord, sauf dans cette antenne française qu'est La Nouvelle-Orléans. Dessinez la carte des cafés, vous obtiendrez l'un des jalons essentiels de la « notion d'Europe ».

    Né à Paris en 1929, Georges STEINER enseigne à l'université de Genève après avoir enseigné à Cambridge. Philosophe du langage, romancier et critique, il a publié de nombreux ouvrages, dont un roman : « Epreuves » (Gallimard 1993).

    ACTES SUD – avril 2005


    votre commentaire
  • On vote à Kaboul et à Bagdad. alors que la pauvreté, la drogue, le Sida, la corruption, le terrorisme, la faillite, le chao social, économique, institutionnel étendent leur ombre sur la planète.

    Des dérives de l'Afrique à la poudrière du Proche Orient, en passant par les tyrannies de l'Asie et les régimes postcommunistes de l'Est, ce n'est pas l'excès mais le manque d'Etat qui fait le malheur des peuples et les désordres internationaux, s'insurge Francis Fukuyama.

    (lire la suite...cliquer sur le Titre)


    votre commentaire
  • Le XXe siècle a été jugé et condamné : siècle de la terreur totalitaire, des idéologies utopiques et criminelles, des illusions vides, des génocides, des fausses avant-gardes, de l'abstraction partout substituée au réalisme démocratique.
    Je ne souhaite pas plaider pour un accusé qui sait se défendre seul. Je ne veux pas non plus, comme Frantz, le héros de la pièce de Sartre Les séquestrés d'Altona, proclamer : "J'ai pris le siècle sur mes épaules, et j'ai dit : J'en répondrai !" Je veux seulement examiner ce que ce siècle maudit, de l'intérieur de son propre devenir, a dit qu'il était.

    (lire la suite...cliquer sur le Titre)


    votre commentaire
  • La République est paradoxale. Elle place l'égalité des droits au coeur de ses valeurs. mais confrontée à l'immigration et à la diversité culturelle, elle tend d'abord à oublier ses propres principes, avant de céder à leur application dans les plus mauvaises conditions. Au final, elle réussit ce tour de force : consolider une législation ouverte tout en creusant le ressentiment chez ceux qu'elle accueille.
          (lire la suite...cliquer sur le titre)


    votre commentaire
  • Pour Perry Anderson, la culture française connaît depuis plusieurs décennies une impressionnante "dégringolade".
    Repliée sur elle-même, largement ignorante des grands courants de pensée contemporains - philosophie analytique anglo-saxonne, sciences politiques italiennes ou sociologie critique britannique - elle a cessé de rayonner sur le monde extérieur, comme c'était encore le cas au début des années soixante-dix.
    Elle est aujourd"hui marquée, sauf rares exceptions, par une fadeur consensuelle, incarnée par François Furet, auteur du Passé d'un illusion, et Pierre Nora, architecte dse Lieux de mémoire, quant elle n'est pas dévoyée par la frivolité des "philosophes médiatiques".
    Les principales revues françaises - et notamment Le Débat - auraient contribué à ce ralliement intellectuel à l'ordre établi que Perry Anderson qualifié "d'union sucrée".
    Cette charge sans complaisance a été publiée à l'automne dans la prestigieuses London Review of Books.

    Perry Anderson essayiste britannique et historien de gauche réputé, enseigne à l'université de Caloformnie Los Angeles ‘UCLA). auteur de très nombreux ouvrages, il a été l'animateur de The Left Review, publiée à Londres et le cofondateur des Editions Verso.


    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique