• « Sortons l'hôpital public du coma », par Jean-Michel Dubernard

     

    Au moment où se tournent les dernières pages de ma vie politique et de ma vie médicale, un remords lancinant me taraude : ne pas m'être battu suffisamment pour sauver l'hôpital public. Il s'enfonce inexorablement dans un coma qui le ramène à ce qu'il était au milieu du siècle dernier : l'hôpital des pauvres et de la formation des médecins. Ainsi s'effondre l'immense espoir soulevé par les ordonnances de 1958 et l'élan inégalé qu'elles ont donné pendant une vingtaine d'années à la médecine française dont l'image s'affadit aujourd'hui.

    Au-delà de la nostalgie, au-delà des sentiments, le malade - l'essentiel - apparaît de plus en plus négligé, oublié. Sans évoquer l'accueil et les conditions d'hébergement, c'est la qualité des soins qui diminue avec des retombées sur l'ensemble du système de santé, en attendant que les hôpitaux privés qui s'organisent prennent le relais. Sous un autre angle, les coûts s'élèvent sans cesse et représentent près de 50 % des dépenses de l'assurance-maladie, dont le déficit pourrait disparaître en même temps que les gaspillages à l'hôpital, dont il existe des myriades d'exemples.

     

    http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3232,36-960216,0.html


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