• Revue MEDIUM de Régis DEBRAY N°15 - Avril-Mai-Juin 2008

     

    A LIRE notamment :

    Le « Pense-bête » (2) de Régis DEBRAY ... suite du journal intime d'un médiologue, zigzaguant, nez au vent, à travers films, lectures, anecdote et rencontres.

     

    Mais également l'article brillant (bien que discutable) de Maurice SACHOT « Du christianisme au libéralisme »

    « Deux des civilisations que le christianisme a rendues caduques par se reconnaissance institutionnelle étaient encore de plein exercice : la grecque et la romaine. Elles n'étaient en rien des civilisations finies, des civilisations « antiques ». Elles étaient bien vivantes et n'avaient rien qui les rendît décadentes. Mais c'est cette reconnaissance qui provoqua leur arrêt en les engageant dans une profonde transformation. La reconnaissance du néolibéralisme comme instance « instituante » entrainera plus que la transformation de notre culture et de notre civilisation : elle causera leur mort. La rupture est telle que le professeur de droit public, Jacques Le Goff déclare que « nous entrons en réalité dans un nouvel âge de l'humanité comparable au passage du paléolithique au néolithique. » si ce sentiment est bien plus vif en France qu'ailleurs, ce n'est pas seulement parce que l'histoire est en France une discipline scolaire, c'est parce que le néolibéralisme est en contradiction directe avec le modèle républicain laïc qui est encore la référence culturelle de la plupart des Français. « Le passé nous est donné comme radicalement autre, constate Pierre Nora, il est ce monde dont nous sommes à jamais coupé. (...)<?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" />

    Dans la christianité, Dieu était le seul sujet énonciateur et l'unique origine du salut. Désormais, c'est le profit, le capital, énoncé sous la figure de l'intérêt personnel, comme s'il pouvait être l'affaire de tous, alors qu'il ne recouvre que les intérêts d'une oligarchie, une ploutocratie, essentiellement les actionnaires et les investisseurs. Ce sont eux qui, comme le pape et les évêques, détiennent le pouvoir. Et, comme eux, qui n'ont de comptes à rendre qu'à Dieu, ils n'ont de comptes à rendre à personne, si ce n'est au Profit. Il n'y a plus de lois, mais des directives, dont la spécificité est de cacher l'absence de l'auctoritas qui lui donne la force de l'injonction l'intérêt de quelques-uns) et, à l'inverse de la religion chrétienne, de ne pas se donner comme transcendante, mais comme immanente, comme s'il s'agissait de lois naturelles irréfragables.

     »

     

    http://www.mediologie.org/medium/medium-15.html

     


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