• MOYEN-ORIENT : L'analyse sans concession d'Yves Aubin de La Messuzière, ancien diplomate français.

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    "Le risque, c'est la radicalisation du Hamas" par Yves Aubin de La Messuzière, ancien diplomate français.

     

    Ancien diplomate devenu chercheur, Yves Aubin de <?xml:namespace prefix = st1 ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:smarttags" /><st1:PersonName w:st="on" ProductID="La Messuzière">La Messuzière</st1:PersonName>, arabisant et spécialiste du Proche-Orient, a rencontré à deux reprises, en mai, puis en septembre 2008, à Gaza, les principaux dirigeants du Hamas. Il livre ici son analyse de la situation nouvelle créée par le déclenchement de l'opération "plomb durci".

     

    Le Nouvel Observateur.- Pourquoi la trêve conclue le 19 juillet, grâce à la médiation de l'Egypte entre Israël et le Hamas a-t-elle été rompue ?

    Yves Aubin de la Messuzière.- Les deux camps se rejettent la responsabilité de la rupture. Mais l'examen de la chronologie des faits oblige à dire qu'après cinq mois de cessez-le-feu globalement respecté, c'est une opération israélienne contre les tunnels creusés sous la frontière entre la bande de Gaza et l'Egypte, le 4 novembre qui a marqué le début de la rupture de la trêve. Après quoi les gens du Hamas et du Djihad islamique ont repris les tirs de missiles et de mortiers sur les localités israéliennes voisines de Gaza. Harcèlement qui a été invoqué par le gouvernement israélien pour lancer l'opération "plomb durci" contre la bande de Gaza.

    N.O.- Revenir autour de la table et négocier une reprise de la trêve était impossible ?

    Y. Aubin de <st1:PersonName w:st="on" ProductID="la Messuzière.- La">la Messuzière.- La</st1:PersonName> négociation de trêve conclue en juin n'avait pas été simple. Au cours de ma première visite à Gaza, en mai, les dirigeants du Hamas - notamment le premier ministre Ismaïl Haniyeh et Mahmoud Zahhar - m'avaient informé des discussions en cours et je leur avais conseillé d'assouplir leur position face aux exigences israéliennes notamment sur l'arrêt de la violence, la libération de prisonniers... Il y avait aussi un différend avec l'Egypte sur la réouverture du terminal frontalier de Rafah. Au bout du compte, la trêve a été conclue mais aucun document écrit n'a été signé. Ce qui n'a pas empêché le calme de régner pendant cinq mois. Les Qassam ont cessé de tomber sur les localités israéliennes mais les Palestiniens de Gaza n'ont constaté aucun allégement du blocus, aucune ouverture permanente des points de passages, comme ils l'avaient réclamé. Et lorsque l'opération du 4 novembre a été déclenchée par l'armée israélienne, ils se sont sentis floués et ont commencé à redouter que la population, dont les conditions de vie ne s'étaient pas améliorées, les lâche. C'est pourquoi, dans les négociations avortées sur le renouvellement de la trêve qui ont précédé l'offensive sur Gaza, ils étaient prêts à accepter la présence d'observateurs étrangers, européens et musulmans. Ce qu'ils avaient apparemment mal évalué, c'était la situation politique israélienne. Le fait que le pays était entré en campagne électorale et qu'une réponse militaire était devenue plus vraisemblable qu'une nouvelle négociation pour mettre un terme aux tirs de Qassam. D'abord, parce qu'Ehoud Barak avait besoin d'améliorer sa position dans la compétition électorale, ensuite parce que l'armée cherchait depuis la guerre contre le Hezbollah, au sud-Liban à rétablir ca crédibilité en matière de dissuasion. D'autant que la relève du pouvoir aux Etats-Unis offrait une fenêtre d'intervention favorable, en attendant la prise de fonction d'un nouveau président peut-être tenté par un retour au Proche-Orient...

     

    http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/20090107.OBS8654/?xtmc=aubindelamessuziere&xtcr=1


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