• « Le Livret A, trop moderne pour survivre ? » par Michel Delebarre

     

    Le financement de l'immobilier connaît une crise mondiale, montrant une fois de plus les risques que font courir à nos économies les comportements de certains établissements bancaires, lorsqu'ils sont dictés par la seule logique de court terme, et montrant aussi les limites des systèmes de régulation que sont les banques centrales et les instances nationales de contrôle des banques. C'est ainsi que Neelie Kroes, commissaire à la concurrence de l'Union européenne - qui par ailleurs exige la banalisation du Livret A - vient d'autoriser le gouvernement britannique à refinancer la banque Northern Rock, faisant ainsi supporter à la collectivité les errements de cette banque sur le marché des subprimes.  Cette crise montre bien l'intérêt d'avoir, pour le financement du logement social, un système stable et sûr, fondé sur la collecte de l'épargne populaire défiscalisée, elle-même entièrement centralisée par la Caisse des dépôts. Ce système plus que séculaire n'a jamais connu de sinistres : cela veut dire que l'épargnant n'a jamais risqué un centime, que la garantie de l'Etat n'a jamais été mise en jeu, et enfin que la production de logements sociaux ne s'est jamais heurtée à une insuffisance de prêts. Ces qualités sont particulièrement précieuses aujourd'hui, où les objectifs de construction de logements sociaux sont, dans le cadre de la loi sur le droit au logement opposable, très ambitieux.

     

    http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0,36-990662,0.html


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