• « Le capitalisme contre la démocratie », par Noam Chomsky

     

    La liberté de circulation des capitaux et les libertés démocratiques sont en relation inverse, affirme Chomsky. Le « droit de vote » accordé aux investisseurs, qui peuvent désormais faire tomber une économie en retirant leurs capitaux, équivaut à une interdiction de fait des politiques qui pourraient leur nuire. Keynes, qui fut le négociateur Britannique à Bretton Woods, considérait que le plus grand succès de la conférence avait été la possibilité donnée aux états de restreindre la circulation des capitaux. Le temps est sans doute venu de l'entendre à nouveau.

     

    Le déroulement simultané de la campagne présidentielle aux Etats-Unis et de la crise des marchés financiers présente l'une de ces occasions où les systèmes politiques et économiques révèlent clairement leur nature.

    Les passions soulevées par cette campagne peuvent ne pas être universellement partagées, mais presque tous ressentent une angoisse lorsqu'un million de familles perdent leur domicile, et tous s'inquiètent des risques qui pèsent sur l'emploi, l'épargne et l'assurance maladie.

    Les premières propositions de Bush pour faire face à la crise étaient tellement empreintes d'autoritarisme qu'elles ont du être rapidement modifiées. En raison des intenses pressions exercées par les lobbyistes, elles ont été reformulées et présentées comme « un net succès pour les plus grands établissements du secteur... Un moyen de se débarrasser de leurs actifs sans être acculés à la faillite ou la fermeture », ainsi que l'a écrit James Rickards, qui avait négocié le compte du gouvernement fédéral le renflouement du fonds d'investissement Long Term Capital Management en 1998. Tout ceci nous rappelle que nous sommes en terrain connu. Les origines immédiates de la crise sont à rechercher dans l'effondrement de la bulle immobilière née sous le mandat d'Alan Greenspan, le gouverneur de la Réserve fédérale. Greenspan avait soutenu l'économie défaillante des années Bush en relançant la consommation des ménages à crédit en même temps que par des emprunts à l'étranger. Mais les racines sont plus profondes. Elles tiennent en partie au triomphe de la libéralisation financière au cours des 30 dernières années - qui a libéré autant que possible les marchés de la réglementation gouvernementale.

     

    http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2246


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires

    Vous devez être connecté pour commenter