• Harold PINTER : une résistance !

     

    Conférence Nobel

     

    Art, vérité & politique

     

    En 1958 j'ai écrit la chose suivante : « Il n'y a pas de distinctions tranchées entre ce qui est réel et ce qui est irréel, entre ce qui est vrai et ce qui est faux. Une chose n'est pas nécessairement vraie ou fausse ; elle peut être tout à la fois vraie et fausse. »

    Je crois que ces affirmations ont toujours un sens et s'appliquent toujours à l'exploration de la réalité à travers l'art. Donc, en tant qu'auteur, j'y souscris encore, mais en tant que citoyen je ne peux pas. En tant que citoyen, je dois demander : Qu'est-ce qui est vrai ? Qu'est-ce qui est faux ?

    La vérité au théâtre est à jamais insaisissable. Vous ne la trouvez jamais tout à fait, mais sa quête a quelque chose de compulsif. Cette quête est précisément ce qui commande votre effort. Cette quête est votre tâche. La plupart du temps vous tombez sur la vérité par hasard dans le noir, en entrant en collision avec elle, ou en entrevoyant simplement une image ou une forme qui semble correspondre à la vérité, souvent sans vous rendre compte que vous l'avez fait. Mais la réelle vérité, c'est qu'il n'y a jamais, en art dramatique, une et une seule vérité à découvrir. Il y en a beaucoup. Ces vérités se défient l'une l'autre, se dérobent l'une à l'autre, se reflètent, s'ignorent, se narguent, sont aveugles l'une à l'autre. Vous avez parfois le sentiment d'avoir trouvé dans votre main la vérité d'un moment, puis elle vous glisse entre les doigts et la voilà perdue.

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    http://nobelprize.org/nobel_prizes/literature/laureates/2005/pinter-lecture-f.html


  • Commentaires

    1
    Jeanmi
    Jeudi 1er Janvier 2009 à 10:14
    Art vérité & politique
    Trop longtemps l’Homme s’est forgé et continue de se construire ses certitudes et ses VERITES, sans tenir compte de la réalité du monde l’entourant. Il s’enferme alors dans le dogmatisme et le fanatisme en régressant de la sorte de plusieurs siècles. Bien sûr chaque VERITE, dans un environnement d’incommunicabilité, est souvent contradictoire avec celle de l’autre. Notre époque dite de communications, ne communique convenablement qu’à l’intérieur de nos "compartiments" sociaux. Or par définition, un groupe est toujours imperméable à ce qui lui est différent, d’où une incompréhension et une ignorance entre les communautés. D’autant qu’avec la mondialisation, ces dernières ont tendance à se multiplier. L’Angleterre, pays de la démocratie, de la tolérance et de la pluralité de convictions en a payé le prix fort. C’est ainsi que nous laissons se développer, dans l’ignorance totale, autour de nous, des espaces de monstruosité. Pour commenter un certain J.C. (pas Jésus Christ, l’autre…) et sans faire de politique, on pourrait qualifier les décalages de notre société de "fracture non seulement sociale, mais surtout culturelles", créant immanquablement des rivalités. C’est de ces antagonismes que naissent toujours l’intolérance, puis la haine et finalement la barbarie. Le salut est dans la dynamique de l’échange permanent, de la recherche et de la compréhension mais surtout de la vigilance.
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