• "Géorgie : le point de non retour " par Jean Géronimo, Université Pierre Mendès France, Grenoble

     

    "GEORGIE : Une déstabilisation programmée" par Jean Géronimo Université Pierre Mendès France, Grenoble.

    La crise géorgienne est au cœur d'une lutte d'influence entre les puissances russe et américaine, les deux anciens ennemis de la guerre froide. Désormais, chaque acteur cherche à se repositionner sur le grand échiquier eurasien en vue de contrôler le cœur politico-économique du nouveau monde et d'y stabiliser une forme nouvelle de domination. La ‘'guerre tiède'', que nous avions annoncée, il y a peu, est là...

    Mais cette crise est surtout un retour de bâton, s'appuyant sur le précédent du Kossovo. Le processus douteux de l'indépendance du Kosovo - en violation des principes onusiens - peut en effet, à lui seul, justifier l'indépendance autoproclamée des républiques d'Ossétie du sud et d'Abkhazie. Avec une certaine légitimité - et dans le cadre des règles internationales - la Russie a profité de l'agression géorgienne pour renforcer ses positions, montrer sa capacité à défendre ses ‘'nationaux'' (ossètes et abkhazes) et surtout, empêcher un génocide programmé. V. Poutine a ainsi confirmé, le 8/09/2008, que la Russie s'est conduite au cours de cette crise ‘'de façon tout à fait morale, dans le cadre du droit international''. En d'autres temps et d'autres lieux - en ex-Yougoslavie, lors de l'intervention meurtrière de l'Otan en 1999 - on aurait appelé cela le ‘'devoir d'ingérence humanitaire''. Il s'agit donc d'éviter une lecture du droit international à géométrie variable, présentant la Russie comme un agresseur et digne héritier de l'axe (communiste) du mal.

    http://www.palestine-solidarite.org/dossier.Monde.Jean_Geronimo.160908.htm


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