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    Nassim Nicholas Taleb est l'auteur du « cygne noir », un ouvrage dénonçant le peu de consistance des modèles mathématiques utilisés par la finance structurée qui tablaient sur une distribution normale, gaussienne, indemnes des singularités propres au réel, et incapables de les prendre en compte. L'aspect prémonitoire de ses avertissements, ignorés à l'époque de la publication de son livre, fait de lui aujourd'hui l'un des oracles, aux côtés de Roubini, dans lesquels Wall Street cherche son salut. Il y a dans cette gloire subite une forme d'illustration des travers de l'époque. Elle indique que la prépondérance acquise par une formalisation mathématique réductrice - mais venant de façon opportune confirmer le bien fondé des situations établies - lui a conféré une aura telle que même au milieu de la pire crise imaginable, elle apparaît comme le dernier recours. Au point qu'il semble encore nécessaire de faire appel à cet appareillage pourtant disqualifié pour rendre recevable une critique qui relevait depuis longtemps de la plus simple évidence. Quoi qu'il en soit, les dix points que M. Taleb énumère afin de définir les règles de conduite qui permettraient selon lui de « réguler la bête », et ont pour objet de restaurer - sans discuter de ses fins - la possibilité d'un capitalisme « version 2.0 », ne manquent pas d'intérêt, car ses préconisations pourraient utilement s'appliquer à de nombreuses formes d'organisation humaine. On peut résumer ses principales propositions ainsi : minimiser les risques systémiques induits pour les sociétés par l'apparition de pouvoirs démesurés, remplacer des élites qui ont failli, interdire les contrats maximisant le risque et les rémunérations au détriment de la sécurité, ne pas tabler sur l'appréciation des actifs pour assurer la prospérité et, last not least, faire en sorte que cette crise ne soit pas l'occasion d'un rafistolage d'un système à bout de souffle, mais bien l'occasion de bâtir un nouveau modèle.

    Lire la suite :

    http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2643

     


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    « Je suis plus inquiet aujourd'hui que je ne l'étais il y a un mois. Le principal problème, ce sont ces boucles de rétroaction entre l'économie réelle et le secteur bancaire, qui sont vraiment effrayantes, » s'alarme Wolfgang Münchau, éditorialiste au Financial Times, qui prévoit que la crise, en frappant de plein fouet l'économie réelle, va provoquer une recrudescence de défaillance de ménage et d'entreprises, fragilisant encore plus des banques qui n'ont pas encore fini de restaurer leurs fonds propres après la première saignée de dépréciation des actifs toxiques. Ni le plan Geithner, ni les mesures d'urgence prises en Europe ne prennent en compte cette deuxième vague, avertit-il, avant de conclure que les européens, qui ont déjà commis de « nombreuses erreurs d'appréciations » devront mettre en oeuvre un nouveau plan, tout comme les USA. 

    Vous croyez apercevoir les premiers signes de la reprise ? Vous êtes rassurés par la récente stabilisation d'indicateurs précoces, tels les ventes des maisons neuves aux USA ? Ou vous croyez que la hausse boursière marque la fin de la crise ? Les taux de croissance vont évidemment rebondir, ne serait-ce que pour des raisons techniques. Si tel n'était pas le cas, il ne resterait pas grand chose de l'économie à la fin de l'année.

    Mais même si la reprise économique intervenait en 2010, comme le prévoient quelques optimistes, la majeure partie des difficultés du secteur financier est encore devant nous : le chômage et les défauts de paiement vont partout augmenter brusquement, et la dépression continuera a faire sentir ses effets bien après qu'elle ait pris fin.

    Je suis plus inquiet aujourd'hui que je ne l'étais il y a un mois. Le principal problème, ce sont ces boucles de rétroaction entre l'économie réelle et le secteur bancaire, qui sont vraiment effrayantes.

    http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2619

     


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    « Urgence de la refonte du système économique mondial » par le Docteur Abderrahmane MEBTOUL Expert International Professeur en management stratégique ( Algérie )

     

    Les années 2009/2010 seront caractérisées par une forte dépression,(les ondes de chocs pouvant aller au-delà de 2013/2014) les bourses du monde entier ayant subi des pertes sans égales depuis les années 1929/1934. L'effondrement des marchés financiers est aujourd'hui accompagné du déclin de l'économie réelle qui durera plusieurs années, car même s'il y a légère reprise courant 2011, c'est comme un corps gravement malade, après la guérison, sous réserves de thérapeutiques efficaces, ce qui n'est pas évident, la convalescence durera longtemps. Les bourses du monde entier ont des pertes sans égales depuis les années 1929/1934. L'effondrement des marchés financiers est aujourd'hui accompagné du déclin de l'économie réelle. Entre janvier et début décembre 2008 les plus grandes places financières ont perdu presque la moitié de leur capitalisation soit plus de 35.000 milliards de dollars soit plus de deux fois le produit intérieur brut américain, touchant presque tous les pays Usa- Canada, Europe, Russie et les dirigeants asiatiques, arabes du Golfe, latino- américains disent ouvertement maintenant que la crise les atteint. b[ 1.-Les effets de la crise financière d'octobre 2008 sur l'économie réelle ]b Les institutions internationales désemparés, ne maîtrisant plus les perspectives de l'économie mondiale (4 prévisions contradictoires durant l'année 2008) viennent de revoir à la baisse leurs prévisions de croissance pour 2009 à 0,5% contre 2,2% estimé en novembre 2008, le FMI anticipant une contraction de l'économie américaine de 1,6% en 2009 alors qu'il anticipait précédemment une contraction de 0,7%. Le FMI a également revu à la baisse sa prévision 2009 pour la zone euro où la contraction de l'économie devrait atteindre 2% contre un recul de 0,5% selon l'estimation de novembre 2008. Les indicateurs composites avancés de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) pour le mois de décembre 2008 signalent un ralentissement de l'activité d'une ampleur comparable enregistrée lors des chocs pétroliers des années 70.L'indicateur composite avancé pour la zone OCDE a diminué de 1,1 point en décembre 2008, à 92,9, et est inférieur de 8,2 points à son niveau observé en décembre 2007.

     

    http://www.alterinfo.net/Un-message-aux-dirigeants-du-G20-de-Londres-le-02-avril-2009-Face-a-la-durabilite-et-la-gravite-de-la-crise-,-Urgence-de_a29655.html?preaction=nl&id=9111915&idnl=45636&


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    « Faut-il être déçu ou non des résultats du G20 tant souhaité par la France ? »

     

    Malgré les déclarations de notre président qui y voit un sommet historique, où un certain nombre de « Graals » (je cite) ont pu être atteint, je crois que l'on peut être légitimement déçu par ce sommet. Je rappelle que le G20 c'est 85% du PIB de la planète, autrement dit c'est l'économie mondiale. Et cette économie mondiale préfère d'abord se préoccuper de relance de la croissance que de régulation financière. Ensuite, le G20 n'a pas adopté le principe d'une institution de régulation financière supranationale, au contraire, et ça c'est extrêmemement décevant. Je cite le communiqué : « La régulation relève avant tout de la responsabilité des régulateurs nationaux. » Chacun doit se débrouiller ou balayer devant sa porte, en matière de paradis fiscaux, de titrisation, de contrôles prudentiels, d'évaluation des agences de notation – ce qui dans une économie mondialisée est impossible.

    C'est une manière de relancer la compétition entre les nations.

    Je dirais même la guerre économique entre les nations. Chacun pour soi, fut la réaction des nations après la crise de 29 : résultat, on eut une guerre commerciale, puis industrielle, puis une guerre tout court. Aujourd'hui on propose aux Etats des relances séparées, notamment par la voix fiscale. Autrement dit par le moins d'Etat. On a le résultat réjouissant suivant : une fois que les banques et les intermédiaires des pays riches ont capté 3000 milliards de dollars (une fois et demi le PIB de la France ), et bien c'est fini, retour aux vieilles recettes qui ont conduit à la catastrophe actuelle.

    http://www.radiofrance.fr/franceinter/chro/lautreeconomie/

     


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    Sans aller jusqu'à un Livre noir de la dérégulation, il ne faut pas oublier, au moment où s'engage une difficile bataille pour la régulation, l'action et les arguments de ceux, quels qu'ils soient, qui, depuis trente ans, n'ont eu de cesse de déréglementer sans cesse plus, car ils n'ont pas disparu. Ils se sont affranchis des dernières règles prudentielles et de bon sens et ont discrédité le rôle de tous ceux qui tentaient de résister à cette marée. Pour "libérer la croissance", mais aussi pour des perspectives de gains faramineux, ils ont laissé transformer impunément l'économie mondiale réelle en un gigantesque casino. Nous allons en vivre les conséquences financières, économiques, sociales, politiques.

    Maintenant, il faut redonner au capitalisme et à l'économie de marché des règles saines. Evidemment pas pour les asphyxier, mais pour sauver leur capacité créatrice en les organisant. La prétendue autorégulation ayant failli, ces nouvelles règles de prudence et ces mécanismes de contrôle devront être imposés à l'intégralité des acteurs de l'activité bancaire et financière qui ont été irresponsables, à tous les organismes, y compris de supervision, qui ont été à la fois trop nombreux et complaisants.

     

    http://www.lemonde.fr/opinions/article/2008/11/05/la-bataille-de-la-regulation-par-hubert-vedrine_1115185_3232.html


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    En référence à l'accord de l'après guerre qui avait défini un système de parité fixes pour les devises, l'appellation Bretton Woods II désignait ces dernières années de façon informelle la nouvelle zone dollar créée par le système de parité fixe - ou stabilisée - avec <?xml:namespace prefix = st1 ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:smarttags" /><st1:PersonName ProductID="la devise US" w:st="on">la devise US</st1:PersonName> adopté par des pays exportateurs, au premier rang desquels <st1:PersonName ProductID="la Chine. Ces" w:st="on">la Chine. Ces</st1:PersonName> pays ont accepté de soutenir le dollar, en pesant à la baisse sur le cours de leurs devises afin de conserver leurs parts d'exportations. Pour ce faire, ils ont accumulés des quantités énormes de bons du Trésor US, finançant du même coup le déficit des USA - et indirectement, via le secteur financier, la consommation des ménages. Tout le monde s'attendait à ce que ce système profondément déséquilibré s'effondre le jour où l'énormité de <st1:PersonName ProductID="la dette US" w:st="on">la dette US</st1:PersonName> dissuaderait les prêteurs ou déclencherait une réévaluation drastique à la baisse du dollar. Mais personne n'avait imaginé que ce serait une crise née dans l'immobilier qui jouerait le rôle de déclencheur. Le rééquilibrage en cours, qui implique à la fois une baisse sensible de <st1:PersonName ProductID="la consommation US" w:st="on">la consommation US</st1:PersonName> et des exportations des pays émergents aura des répercussions mondiales. Les Américains, bien sûr, commencent dès aujourd'hui à payer très cher le prix de leur recours excessif au crédit, mais les Chinois vont eux aussi devoir régler une partie de la facture.

    À la fin de 2004, Nouriel Roubini et moi-même avions écrit que « les tensions créées [par les institutions du système Bretton Woods II] sont fortes, suffisamment fortes pour le système se fissure dans les trois à quatre prochaines années. » Dans un débat avec Michael Dooley organisé en 2005 sur Internet par le Wall Street Journal, j'ai tenté de me couvrir un peu, et donnait alors six ans au système.

    « Nous [Roubini et Setser] n'avons jamais dit que le système s'effondrerait à la fin de 2005. Un effondrement en 2006, peut-être. Un effondrement avant 2008, probablement, avant 2010, presque certainement. »

    Je m'inquiétais que ces mises en garde puissent s'avérer fausses - et que Michael Dooley et Peter Garber, me le rappelleraient au moment et à l'endroit de leur choix.

     

    http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2267


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    En 2002, sous le titre "Ce qui arrive", vous avez présenté à <?xml:namespace prefix = st1 ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:smarttags" /><st1:PersonName w:st="on" ProductID="la Fondation Cartier">la Fondation Cartier</st1:PersonName> une exposition sur l'accident dans l'histoire contemporaine : Tchernobyl, 11-Septembre, tsunami... Une formule d'Hannah Arendt guidait votre démonstration : "Le progrès et la catastrophe sont l'avers et le revers d'une même médaille." Avec le krach boursier, y sommes-nous ?

    Bien sûr. En 1979, au moment de l'accident de la centrale nucléaire de Three Mile Island, aux Etats-Unis, j'ai évoqué un "accident originel" - de ceux que nous fabriquons nous-mêmes. Je disais que nos prouesses techniques sont grosses de promesses catastrophiques. Auparavant, les accidents étaient locaux. Avec Tchernobyl, nous sommes passés à des accidents globaux, aux conséquences inscrites dans <st1:PersonName w:st="on" ProductID="la dur←e. Le">la durée. Le</st1:PersonName> krach actuel représente l'accident intégral par excellence. Ses effets se diffusent loin, et il intègre la représentation des autres accidents.

    Cela fait trente ans que l'on fait l'impasse sur le phénomène d'accélération de l'Histoire, et que cette accélération est la source de la multiplication d'accidents majeurs. "L'accumulation met fin à l'impression de hasard", disait Freud à propos de <st1:PersonName w:st="on" ProductID="la mort. Son">la mort. Son</st1:PersonName> mot-clé, ici, c'est hasard. Ces accidents ne sont pas des hasards. On se contente pour l'instant d'étudier le krach boursier sous l'angle économique ou politique, avec ses conséquences sociales. Mais on ne peut comprendre ce qui se passe si on ne met pas en place une économie politique de la vitesse, générée par le progrès des techniques, et si on ne la lie pas au caractère accidentel de l'Histoire

     

    http://www.lemonde.fr/opinions/article/2008/10/18/le-krach-actuel-represente-l-accident-integral-par-excellence_1108473_3232.html#ens_id=1089411


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    Les conséquences économiques de la crise financière seront beaucoup plus graves pour les pays en développement que pour les riches, prédit Kemal Dervis, le dirigeant du Programme des Nations unis pour le développement (PNUD). Cet ancien ministre des finances turc, chaud partisan du multilatéralisme, plaidait jusqu'à ce jour dans le désert pour que les pays du G7 tiennent enfin leur promesse d'augmentation de leurs aides. La récession qui menace rend cette obligation morale encore plus impérieuse.

    Que pensent les pays en développement de la crise financière ?

    Ils pensent qu'ils n'y sont pour rien, mais qu'ils vont en subir les conséquences. Car ce qui était à l'origine une crise financière occidentale est en train d'affecter leur économie réelle. Leur demande baisse, leur croissance baisse et la volonté de leur accorder des crédits baisse. Autrement dit, ils vont disposer de moins de recettes, de moins d'investissements étrangers et de moins d'exportations. Les conséquences seront beaucoup plus graves pour eux que celles de la défaillance du secteur financier dans les pays riches.

    Tout n'est pas noir. Les pays d'Asie de l'Est vont accuser le coup, mais leur croissance demeurera élevée, à l'image de celle de la Chine qui demeurera au-dessus de 7 % de rythme annuel. Leur développement est en partie autonome par rapport à l'économie des pays riches et c'est une chance pour l'économie mondiale qui évitera peut-être un effondrement grâce au dynamisme de ces pays émergents.

     

    http://www.lemonde.fr/organisations-internationales/article/2008/10/17/la-crise-sera-beaucoup-plus-grave-pour-les-pauvres_1107989_3220.html


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    Economiste iconoclaste, John Kenneth Galbraith a consacré en 1990 un livre aux bulles spéculatives qui scandent l'histoire du capitalisme. Nous reproduisons ici l'intégralité du dernier chapitre de cet ouvrage, qui reste ô combien d'actualité

     

    Il est peu de points de repère plus couramment invoqués dans la vie que les "leçons de l'Histoire". Ceux qui ne la connaissent pas sont condamnés à <?xml:namespace prefix = st1 ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:smarttags" /><st1:PersonName w:st="on" ProductID="la r←p←ter. Mais">la répéter. Mais</st1:PersonName> les leçons de l'Histoire sont parfois d'une ambiguïté troublante, et tout spécialement peut-être en économie. C'est que la vie économique est engagée dans un processus continu de mutation ; ce qu'ont observé les savants du passé - Adam Smith, John Stuart Mill, Karl Marx, Alfred Marshall - est donc un guide incertain pour le présent ou l'avenir.

    Si les facteurs déterminants sont les mêmes, cependant, les leçons de l'Histoire ont force de loi - elles sont même inéluctables. C'est le cas ici.

    Prenons le risque de la répétition - la réénonciation de ce qu'on espère désormais évident -, et résumons ces leçons. Les facteurs qui induisent les égarements répétés dans la démence financière n'ont pas changé, pour l'essentiel, depuis la tulipomanie de 1636-1637 (la première bulle spéculative de l'histoire, fondée sur le commerce de la tulipe). Individus et institutions sont piégés par la merveilleuse satisfaction qu'on trouve à voir grandir sa fortune. Elle leur donne en même temps l'illusion de la puissance intellectuelle, elle-même protégée par le préjugé collectif notoire qui veut que l'intelligence - la sienne et celle des autres - soit proportionnelle à l'argent qu'on possède. La conviction ainsi ancrée produit l'action : on surenchérit, on fait monter les prix - dans le foncier, ou à la Bourse, ou encore comme tout récemment dans l'art. La dynamique de la hausse conforte l'intéressé dans son choix, elle lui prouve sa propre sagesse et celle du groupe. Et ça continue, jusqu'au jour de la désillusion générale et du krach. Celui-ci - ce devrait être à présent assez clair - n'arrive jamais en douceur. Il s'accompagne toujours d'un effort désespéré et généralement vain pour se dégager.

     

    http://www.lemonde.fr/archives/article/2008/10/18/les-imbeciles-sont-tot-ou-tard-separes-de-leur-argent-par-john-kenneth-galbraith_1108472_0.html


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    Panique à bord ! Péril en la demeure ! Feu au lac ! La situation est-elle devenue suffisamment dramatique pour qu'enfin les dirigeants européens prêtent l'oreille à ceux qui dénoncent depuis de longues années l'économie-casino, le tout-marché et l'empire de la finance déchaînée ? Ceux qui ont gobé l'idéologie, affirmé comme Mme Thatcher qu'il n'y avait "pas d'alternative", ou cru pouvoir "humaniser" le néolibéralisme en sont pour leurs frais. Ecouteront-ils à présent ?

    Les partis sociaux-démocrates qui ont choisi d'accompagner ce système se sont rendus complices de son projet : enrichir indécemment une minorité, augmenter substantiellement la part du capital dans le partage de la valeur ajoutée, mettre les salariés partout sur la défensive, se faire aider des Etats, de la Commission et de la Banque centrale européennes (BCE).

    La crise vient de l'explosion du crédit, surtout aux Etats-Unis, de "l'effet de levier" permettant la création de 40 dollars et plus pour chaque dollar "réel". Elle résulte des "innovations" des banques, débarrassées de toute entrave. Leur métier ? Mélanger toutes sortes de dettes, en faire des saucissons, les trancher et vendre les tranches à d'autres avec l'aide des agences de notation accordant des labels AAA de complaisance.

     

    http://www.lemonde.fr/opinions/article/2008/10/16/des-nouvelles-regles-pour-sortir-d-un-systeme-toxique-par-susan-george_1107702_3232.html


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    Paul Jorion, sociologue et anthropologue, a travaillé durant les dix dernières années dans le milieu bancaire américain en tant que spécialiste de la formation des prix. Il a publié récemment L'implosion. La finance contre l'économie (Fayard : 2008 )et Vers la crise du capitalisme américain ? ( La Découverte  : 2007).

     

    VOIR tous ces articles et ces livres :

    Lehman Brothers : le plan diabolique du Dr. Paulson, par Paul Jorion

    Le plus audacieux mène la bande, par Paul Jorion

    La diffusion des métastases, par Paul Jorion

    Crise financière : risque d'infarctus, par Paul Jorion

    Comprendre la crise, par Paul Jorion


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    Devant une crise majeure, qui se répercutera immanquablement dans l'ordre international - paix ou guerre entre les nations - sur l'avenir de l'euro et dans la vie de dizaines de millions de Français et d'abord des plus démunis, l'appel à dépasser des clivages devenus secondaires n'est pas à rejeter a priori. Mais on n'a pas le droit de parler d'« union nationale » avant qu'un vrai débat national ait eu lieu, permettant d'aller aux racines de la crise et de dégager des propositions répondant à la fois à l'intérêt du pays et à la justice sociale. Ce bref débat parlementaire ne saurait être que la préfiguration du grand débat national souhaitable. Encore faut-il que le gouvernement et le Parlement définissent un cadre pour ce débat national.

     

    I - Ne nous voilons pas la face : cette crise sera profonde et durable, à la mesure des déséquilibres qui se sont creusés : entre l'économie réelle et la sphère financière d'abord, mais aussi et surtout dans l'habitude qu'ont prise les Etats-Unis, au cœur d'une globalisation qu'ils ont impulsée, de vivre tellement au-dessus de leurs moyens, s'endettant à tout va (316 % du PIB), captant 80 % de l'épargne mondiale, avec un déséquilibre de leurs comptes extérieurs équivalant à 6 points de leur produit intérieur brut. On incrimine à juste titre les dérives du capitalisme financier et notamment la titrisation des prêts qui a déresponsabilisé les prêteurs. Mais ces dérives ont été encouragées ! Elles l'ont été par M. Alan Greenspan, ce grand magicien, hier encensé, et aujourd'hui découronné ! Tout simplement parce que pour sortir de la crise née en 2000 de l'éclatement de la bulle technologique et soutenir les choix dispendieux de l'Administration Bush, il n'a pas trouvé d'autre moyen que de créer une autre bulle, la bulle immobilière en favorisant l'endettement des ménages, le crédit hypothécaire et la titrisation. L'endettement des ménages ne touche certes pas que les Etats-Unis - <?xml:namespace prefix = st1 ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:smarttags" /><st1:PersonName w:st="on" ProductID="la Grande-Bretagne">la Grande-Bretagne</st1:PersonName> et l'Espagne ont suivi leur exemple -, mais pour l'essentiel, la crise est américaine. Elle obéit à une logique qui est d'abord américaine. Notons que les partenaires des Etats-Unis, par suivisme, et les institutions internationales, par inféodation, se sont trouvés incapables d'enrayer cette dérive.

     

    http://www.chevenement.fr/Un-veritable-debat-national-sur-la-crise-financiere_a698.html?PHPSESSID=1dfdb4fc6359c593bc4a70cf764b3d69


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